Moins c’est mieux. Vraiment ?
On a déjà fait le tour des mythes qui entouraient la motorisation diesel, pour en venir à la conclusion que ce ne sont plus que cela dorénavant, des mythes. Il est aussi un mythe qui perdure, mais qui n’a rien à voir avec le diesel directement : la masse d’un véhicule.
Souvent, très souvent, les gens font l’équation masse=confort, masse=sécurité, masse=tenue de route. Pourtant, c’est tout faux. Ou du moins, ce n’est pas exact. Il est vrai qu’une grande masse procure une certaine sensation de sécurité, associée souvent à tort à une plus grande solidité, mais en général, une plus grande masse signifie aussi des dépenses énergétiques supplémentaires.
Chaque kilogramme supplémentaire doit être accéléré à chaque démarrage, il doit être freiné à chaque arrêt, il doit grimper les montagnes et suivre la route dans les courbes. Chaque kilogramme a donc un impact sur la consommation de carburant en général, et doit être pris en compte lors de la conception des éléments de suspension et de freinage, qui doivent alors être plus costauds, donc plus lourds eux-mêmes, et ainsi de suite. En cas de crash, c’est d’autant plus de masse qu’il faut ralentir et dont il faut absorber l’énergie dans la structure déformable de la voiture. La masse a aussi un impact sur la tenue de route : c’est pourquoi les voitures de course cherchent à s’alléger au minimum.
Mais pourquoi alors, en hiver, quand on met des sacs de sable au-dessus des roues motrices, on a plus d’adhérence ? Parce que nous confondons traction à l’arrêt et tenue de route en mouvement. Si cette masse supplémentaire aide légèrement au démarrage sur la glace ou la neige, elle rallonge toutefois les distances de freinage et rend le véhicule moins apte à changer de direction rapidement. Il faudrait faire comme les aérostiers, ceux qui volent dans des montgolfières : jeter du lest une fois parti.
C’est pourquoi cette nouvelle (en anglais) est intéressante. On y discute d’un projet d’allègement de la coque de la Golf, un allègement qui atteint 30% du poids de celle-ci. Donc, la coque nue de la prochaine génération de Golf (2012) sera moins lourde de 82 kg. Cette valeur peut sembler minime comparée à la masse totale de la voiture actuelle, qui est autour de 1500 kg, mais elle peut mener à un allègement général encore plus important. Le moteur, les roues, la suspension, les freins pourront eux-aussi subir une cure minceur, allégeant d’autant plus la voiture complète.
Pourquoi ne le fait-on pas plus souvent ? Parce que ca coûte cher : pour ce projet, l’objectif était de minimiser les coûts à 5 euros (8 dollars) du kg. Payer 650$ de plus pour moins de masse, l’équation n’est pas logique, on dirait. Pourtant, je suis prêt à gager que quiconque conduira cette Golf « SuperlightCar », c’est le nom du projet, verra tout de suite la différence. Moins de masse, c’est moins de consommation, plus de sensations, plus de vivacité, plus de précision. Et pas moins de confort, quoi qu’on en pense. Il suffit de calibrer les suspensions en conséquence, c’est tout.
Selon vous, la recherche de la légèreté est-elle la bonne direction à suivre ? Parlons-en ici.
1 Commentaire









Volkswagen Canada 2010. Tous droits réservés
Comments