La boîte de vitesse DSG pour les nuls

avril 29, 2009 -- Filed under Technologie by Louis-Alain Richard

Bon, maintenant qu’on a fait le tour de la technique entourant la motorisation TDI, regardons un peu ce qui s’y rattache directement et ce qui suscite encore quelques interrogations : la boîte de vitesses DSG.

Petit historique
Depuis l’invention de l’automobile, et jusqu’à tout récemment, deux types de boîte de vitesses se partageaient le marché : manuelle ou automatique à convertisseur de couple. La manuelle, aussi appelée boîte mécanique, est la plus efficace sur le plan énergétique parce qu’elle fonctionne sans aide extérieure, sans pratiquement absorber l’énergie produite par le moteur, comme les autres types de boîte. D’ailleurs, c’est la seule à ne pas avoir besoin d’un refroidisseur d’huile de boîte, ce qui démontre bien son efficacité ; elle n’a pas besoin de dissiper des calories puisque son utilisation n’en produit presque pas.
La boîte automatique traditionnelle avec convertisseur de couple, de son côté, fonctionne différemment. Gourmande en énergie avec sa puissante pompe hydraulique, elle absorbe un peu de la puissance du moteur pour fonctionner. De plus, même lorsque la voiture est à l’arrêt et que la boîte est embrayée (en position « D »), elle absorbe toujours un peu d’énergie. C’est pourquoi les valeurs de consommation sont généralement moins bonnes avec une boîte automatique qu’avec une boîte mécanique.
Mais depuis le début des années 2000, les équipementiers (car c’est le vrai nom des fournisseurs de composantes des constructeurs automobiles) ont développé deux nouveaux types de boîte de vitesses : la boîte à variation continue (Ford, Nissan, Chrysler, Audi, Mitsubishi, Subaru) et la boîte à double embrayage (Volkswagen, Mitsubishi, Audi, Nissan, Porsche, Bugatti, BMW).
La première peut fonctionner avec une courroie métallique ou, dans le cas des hybrides de Ford et Toyota, avec deux moteurs électriques. C’est une boîte intéressante, plus efficace que l’automatique à convertisseur, mais pas autant qu’une manuelle. Son comportement toutefois n’est pas au goût de tous.

La boîte à double embrayage
La boîte à double embrayage est complètement différente, et peut être considérée indifféremment comme une boîte automatique, une boîte mécanique, ou une boîte séquentielle, selon les constructeurs et les chroniqueurs. Elle est pratiquement aussi efficace que la boîte mécanique sur le plan énergétique. Le principe a été élaboré par un ingénieur de Citroën dans les années 30, Adolphe Kégresse, mais son application commerciale aura attendu plus de 50 ans : tout d’abord avec Porsche et Audi en course, et ensuite VW en série en 2003.
Son efficacité vient du fait qu’elle utilise des paires d’engrenages et un embrayage à friction, tout comme la boîte mécanique. On l’appelle automatique parce que c’est un automate, un robot, qui sélectionne et change les rapports ; il n’y a pas de pédale d’embrayage. Et on la dit séquentielle, car on ne peut « sauter » de rapports; elle passe donc les vitesses en séquence. Sa particularité vient du fait qu’elle est dédoublée : deux boîtes à trois rapports, chacune ayant son propre embrayage, fonctionnent en alternance. Chacune fait la moitié du travail, et pendant que l’une est embrayée, l’automate prépare le rapport suivant, d’où son nom de « boite à passage direct ». Il n’y a pratiquement pas de temps morts entre les changements de rapports, sauf quand le conducteur lui demande de faire autre chose que ce qu’elle avait anticipé.
À l’usage, son mode automatique est tout à fait adapté à la conduite quotidienne, douceur et efficacité étant au rendez-vous. Elle s’adapte bien au moteur TDI, car, avec son couple important, celui-ci peut tirer profit d’une gestion des rapports favorisant la faible consommation et un faible régime moteur, ce que ne font pas naturellement les conducteurs d’une boîte mécanique. C’est pourquoi quelquefois la boîte DSG fait mieux que la boîte mécanique, dans certaines conditions.
À ses qualités d’efficacité, on doit toutefois lui opposer un poids et une complexité supérieurs à ceux de la manuelle, d’où un coût de fabrication élevé. Mais chez VW, elle est offerte au même tarif qu’une automatique traditionnelle, peu importe le modèle : 1 400 $.

Quelques liens
Bon pour les visuels, voici une vidéo de la nouvelle boîte à double embrayage à sept rapports. Le fonctionnement est très bien expliqué. C’est en anglais, toutefois.
Pour ceux qui sont demeurés de grands enfants, il y a cette boîte DSG complètement réalisée en… Meccano ! Oui, oui, ce Londonien a construit une boîte DSG fonctionnelle avec quelques ensembles de jouets Meccano. En plus, il simule le système de commande électronique grâce à des servomoteurs et un ordinateur PC. Je suis toujours impressionné par la détermination de ces modélistes qui réalisent ces merveilles. Très fort. Je les inviterai à dîner ;-)
Moi, de mon côté, je préfère toujours les boîtes à trois pédales. Mais, que voulez-vous?, je suis un indécrottable nostalgique, même si la DSG est probablement plus rapide. Voyez cette vidéo britannique de deux TT comparées sur un circuit de course.
De votre côté, laquelle préférez-vous ? Manuelle ou DSG ? Parlons-en.




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