Bilan CO2 (encore une fois!) et Dr. Seuss

avril 2, 2009 -- Filed under Mon impact by Andrew Macdonald

Quand je dis à mes amis « conduisez un diesel et diminuez votre bilan CO2 de moitié », la plupart n’en ont rien à cirer. Mais quand je leur dis « conduisez un diesel et diminuez vos coûts d’essence de moitié », là, leur curiosité est piquée.

Nous sommes plusieurs à être « suréduqués » (merci monsieur Gore) sur les liens entre les émissions humaines de CO2 et les changements climatiques. Pourtant, la corrélation entre carbone et argent commence à peine à faire sa place dans notre conscience. 

Oui, CO2 égale gros sous. Pour être franc, je suis ravi que le carbone commence à être envisagé comme une taxe, un capital, un tarif ou une monnaie d’échange. Hé, je vis quand même dans une province qui taxe le carbone! Des mots comme ceux-là viennent rattacher des signes de dollar au CO2 dans la tête des consommateurs. 

Essayez de repenser à la première fois où vous avez attribué une valeur à un contenant de boisson vide. En un instant, une simple chose aussi inutile qu’un contenant de boisson vide, quelque chose qu’on jetait sans remords, venait de prendre de la valeur. C’est la même chose dans le cas présent : d’ici un à trois ans, la plupart des économies mondiales auront attribué de la valeur au coût du CO2.

Oui, j’en ai marre d’expliquer le « bilan CO2 ». Je préfèrerais de beaucoup suggérer à mes amis qu’ils me donnent les 1000 $ qu’ils économiseront en optant pour une voiture turbo diesel à injection directe, et leur ouvrir un « compte d’épargne CO2 »!

CO2, et 1000 $ vous dites? Oui, si vous conduisez plus que la moyenne de kilométrage pour un an, et que votre véhicule consomme un combustible fossile. Si vous dépensez quelques milliers de dollars par année en essence et que vous conduisez la voiture canadienne moyenne (9,5 L/100 km), un nouveau modèle qui consomme la moitié moins, donc plus éconergétique, vous fera réaliser des économies. Par exemple, avec la Jetta TDI Diesel propre, les coûts de carburant peuvent être coupés de moitié.

Sinon, vous pourriez aussi demander à tous les conducteurs de voitures dépassées combien d’argent ils désirent jeter par les fenêtres ou dans les poches des pétrolières (ou dans une taxe). Et demandez-leur ce qu’ils feront quand les prix de l’essence remonteront à 1,50 $ ou 2 $ le litre. Ne pensez pas que l’on ne verra plus jamais une telle flambée des prix : au contraire, celle-ci nous attend d’ici à peine quelques années.

Pour moi, de l’essence à 2 $/L enraierait toute question sur le CO2. On ne me demanderait plus quelle technologie conduire, puisque tous accourraient pour remplacer leur gros buveur par le modèle le plus éconergétique possible.  Et tout le monde en parlerait : « Hé, je viens de m’acheter une de ces toutes nouvelles voitures propres. T’as pas idée à quel point je vais économiser en essence! » Et en même temps, je ferais le calcul mental sur le bilan CO2 de cette personne. C’est peut-être pathologique : je vois du CO2 là où tous les autres voient l’argent qu’ils mettent dans leurs poches!

Est-ce que ça dérange? Pas vraiment. Au bout du compte, les émissions sont radicalement coupées, et nous en sommes tous gagnants. Il y a quelques jours, le Toronto Star a sorti un papier sur la pollution urbaine, en parlant des émissions par habitant. Quand on en vient à parler de « par habitant », on commence à reconnaître notre responsabilité individuelle, et la relation avec notre propre bilan CO2.

Une dernière chose. Je considère le bilan CO2 comme une mesure des réductions de coûts possibles pour une personne ou une entreprise. Ainsi, plus votre bilan CO2 est grand, plus important encore est votre potentiel de coupures et d’économies (et cela est vrai pour les maisons que l’on habite comme pour les véhicules que l’on conduit). Il en est aussi vrai pour les entreprises. L’an dernier, à la suite d’un audit dans une usine Volkswagen à Ajax, en Ontario, des milliers de kilogrammes d’émissions de CO2 ont été coupés grâce à des choix d’éclairage plus futés. Comme vous le voyez, les réductions ne s’appliquent pas qu’aux voitures.

Donc, revenons à ce qui importe : enrayer du CO2 de nos vies quotidiennes, en gardant un esprit ouvert et réfléchi. Améliorer l’efficience des pollueurs les plus dommageables (sauf votre respect, carbone) est maintenant devenu une priorité pour tous.

 Dans The Lorax, une histoire pour enfants du Dr. Seuss, un des personnages disait :

 « À MOINS que quelqu’un comme toi

s’en soucie vraiment vraiment beaucoup,

il n’y a rien qui ne puisse s’améliorer.

Rien. »

(traduction libre – The Lorax)




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