Entrevue avec Jane Savage – Quatrième partie : La station-service du futur

mars 6, 2009 -- Filed under Comment économiser by Andrew Macdonald

Voici la dernière partie de mon entrevue avec Jane Savage, présidente et chef de direction de la Canadian Independent Petroleum Marketers Association (site anglais seulement), la CIPMA. Cliquez ici pour lire la première partie de notre entretien, ici pour la deuxième partie et ici pour la troisième partie.

Andrew : Parlons un peu du futur. Faisons le saut en 2030. J’aurai 65 ans. Et vous?

Jane : C’est un secret. Vous êtes tout jeune.

A : OK. Les stations-service supportent l’industrie du transport et de la mobilité personnelle avec une seule sorte de carburant : les hydrocarbures. Nos machines sont alimentées au diesel et à l’essence depuis plus d’un siècle. On ne peut pas s’en passer. Quelle est la station-service du futur?

J : Le propriétaire d’une station-service n’a pas le même intérêt dans le type d’énergie qu’il fournit que le raffineur-détaillant qui dépend du pétrole brut et des hydrocarbures. Donc, pour lui, troquer l’essence pour plus de carburant liquide ou une autre source d’énergie ne change rien.

A : Oui, mais ils font affaires dans l’industrie du carburant.

J : Pas tout à fait. Ils possèdent une entreprise sur un site. Un lieu. Un bout de terrain. De l’équipement. Il s’agit d’une entreprise flexible capable de s’adapter aux nouvelles formes d’énergie pour nos déplacements et aux changements du marché qui y sont associés.

A : Les stations-service vendent du diesel ou de l’essence. Les conducteurs s’y rendent pour faire le plein, et c’est là le but de l’entreprise.

J : Au fond, les stations-service ne dépendent pas des hydrocarbures. Si les consommateurs décident d’utiliser des carburants alternatifs aux carburants fossiles, les détaillants devront s’adapter à la demande du marché.

A : D’après vous, qu’est-ce que le marché va demander en 2030?

J : Vous aurez 65 ans, c’est bien ça?

A : Bon, bon, bon…

J : Vous parlez de ce qui est vendu à la pompe. Pas des aliments ou des boissons que les stations-service offrent. C’est ça?

A : Oui. Quels seront les principaux changements? Quand je vais me rendre à une station-service du futur, qu’est-ce que je vais trouver?

J : Eh! bien, du biodiesel, c’est certain. Et je ne dis pas ça seulement pour vous lancer sur Volkswagen et son intérêt pour les carburants renouvelables. À mon avis, le biodiesel est l’une des solutions les plus viables d’un point de vue de compatibilité des infrastructures et des méthodes de production durables. On va utiliser le biodiesel pendant encore longtemps.

A : Qu’est-ce que vous voulez dire par méthodes de production durables?

J : Nous devons troquer notre dépendance aux matières premières alimentaires pour des matières premières de seconde génération, comme les algues et la biomasse. (Sites en anglais) Il y a plusieurs recherches importantes et des projets en préparation à ce sujet.

A : Volkswagen prend part à de nombreux projets concernant l’énergie renouvelable. Je sais qu’ils ont conclu un partenariat avec Shell et Coren pour un carburant synthétique, le SunDiesel. (Site en anglais)

J : Vous faites de la publicité pour Volkswagen?

A : Hum… On dirait bien, oui.

J : On va voir de plus en plus d’alliances entre les fabricants automobiles et l’industrie des carburants alternatifs et des piles. À moyen terme, les nouveaux véhicules devraient être propulsés par des carburants multiples.

A : Volkswagen prévoit produire plusieurs moteurs multicarburant au courant de la prochaine décennie.

J : Je crois que la plupart des manufacturiers feront la même chose. Nous commençons tout juste notre période de transition vers une nouvelle source d’énergie pour transporter les gens et les marchandises.

A : À quoi d’autre devons-nous nous attendre pendant cette période de transition?

J : On devrait voir un ralentissement de l’utilisation de l’éthanol, à moins que les carburants de seconde génération soient prêts rapidement. En Amérique du Nord, les questions d’alimentation et de durabilité vont continuer d’influer sur notre production d’éthanol de première génération. L’éthanol cellulosique est très prometteur. (site en anglais)

A : Et qu’en est-il du gaz naturel?

J : C’est actuellement une solution viable. Nous devons nous occuper des exigences d’infrastructures avant de donner le coup d’envoi. L’entreprise canadienne réussissant le mieux dans le domaine du gaz naturel est Westport. Ils convertissent des flottes de camions au gaz naturel. Et ils le font aujourd’hui.

A : Et les stations-service à hydrogène?

J : On en parle toujours. À mon avis, pour le transport de personne, il ne se passera rien avant 20 ans. On devrait trouver des bornes de recharge de voitures électrique avant ça.

A : L’hydrogène était le premier. On trouve des stations-service partout sur la côte ouest. Volkswagen a de grands projets pour l’hydrogène en Europe.

J : Oui, mais je pense plutôt à une utilisation de masse avec des stations-service situées là où vous utilisez votre véhicule et à des véhicules abordables. Les stations-service à hydrogène construites jusqu’à présent l’ont été à des fins de démonstration et d’expérimentation seulement. Mais c’est un début.

A : Autre chose?

J : Les services reliés à la technologie électrique. On devrait à moyen terme trouver des bornes de recharge rapide et de remplacement de pile. L’Ontario a conclu un partenariat avec Better Place, une entreprise qui offre un service de remplacement rapide de pile. Ils s’occupent d’installer l’équipement et les outils nécessaires dans les stations-services existantes.

A : On vendrait de l’électricité.

J : C’est ça. Et des piles de remplacement, qui sont en fait de l’énergie sous une autre forme que l’énergie liquide.

A : Vous dites que la station-service du futur pourrait offrir toutes ces formes d’énergie?

J : Oui, et peut-être même certaines formes que nous n’avons pas encore découvertes. Aujourd’hui, certains de nos membres sont devenus des « magasins-entrepôts de l’énergie ». Et cela se produit partout au pays. Les stations du futur continueront de vendre de l’essence et du diesel, et elles pourraient offrir du biodiesel, de l’éthanol, du gaz naturel et du propane. On constate donc déjà une diversification de l’offre du marché. Et cela va se poursuivre au cours des 20 prochaines années.

A : Jane, merci beaucoup. Ç’a été un plaisir de discuter avec vous.

J : Tout le plaisir était pour moi. J’ai une question. Lorsque notre entrevue sera affichée sur le site TDI, est-ce que les lecteurs auront des questions?

A : J’espère que oui. Voulez-vous y répondre directement?

J : Bien sûr.

A : Alors, je vous tiendrai au courant des commentaires que nous recevrons. Merci encore!

Cliquez sur ce lien (site en anglais) pour voir une liste, créée par le ministère des Ressources naturelles du Canada, des carburants de remplacement actuellement disponibles ou en cours de développement.




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