Entrevue avec Jane Savage – Troisième partie : Biodiesel renouvelable et le biodiesel à la pompe

février 27, 2009 -- Filed under Comment économiser, Le Diesel propre, Non classé by Andrew Macdonald

Voici la troisième partie de mon entrevue avec Jane Savage, présidente et chef de direction de la Canadian Independent Petroleum Marketers Association (site en anglais seulement), la CIPMA. Cliquez ici pour lire la première partie de notre entretien et ici pour la deuxième partie.

Biodiesel renouvelable

Andrew : La garantie de la nouvelle TDI Diesel propre couvre le mélange de biodiesel à 5 %, aussi appelé B5. Parlons un peu du biodiesel renouvelable.

Jane : Je pense que c’est fantastique. C’est un pas de plus pour moins dépendre de notre économie basée sur les hydrocarbures. C’est très bon pour Volkswagen. Ils sont prêts pour les nouvelles exigences d’un contenu de 2 % de carburant renouvelable (B2) dans le diesel pour 2012. Ils me semblent être en excellente position dans le marché.

A : Concentrez-vous vos efforts sur le biodiesel, en vue de la transition vers les combustibles composés?

J : Jusqu’à un certain point.

A : Vous ne croyez pas qu’on trouvera du biodiesel à la pompe en 2012?

J : Le B2 d’ici 2012, oui. Mais je ne suis pas certaine de comment la répartition du carburant renouvelable va se passer.

A : Pensez-vous à une « étude de la meilleure utilisation » du contenu renouvelable?

J : Oui. On pourrait appeler cela l’utilisation la plus efficace de la ressource. En 2012, lorsque nous aurons la capacité de produire et de gérer le carburant renouvelable, comment l’utiliserons-nous? 2 % de nos réserves nationales de diesel et de mazout, ça représente environ 640 millions de litres. Qui devrait en bénéficier? Usage domestique ou industriel? Transport routier? Les véhicules légers? Ces questions méritent qu’on s’y arrête.

A : Il m’apparaît sensé de remplacer les carburants lourds par du diesel renouvelable dans les appareils de chauffage industriels.

J : Certainement. C’est ce qu’on appelle un système d’énergie fixe, un important consommateur d’hydrocarbures lourds.

A : Vous avez donc bon espoir que d’ici 2012, 2 % de notre consommation nationale sera renouvelable. Mais vous dites qu’il n’y aura peut-être pas de station-service de biodiesel à tous les coins de rue.

J : Oui et non. On trouve au pays plusieurs points pour s’approvisionner en carburant B5. Vous avez aussi le choix d’utiliser un système de chauffage domestique au biodiesel. Certains fournisseurs indépendants (nos membres) offrent ce service depuis 2004. Mais le biodiesel ne sera probablement pas offert à tout le monde. Ce sont les réglementations qui en décideront.

Le biodiesel à la pompe

A : De quelle façon la réglementation influencera-t-elle notre capacité, comme conducteurs, à trouver du biodiesel à la pompe?

J : Nous travaillons là-dessus. Encore une fois, tout le problème est dans les détails. Et de nombreuses personnes travaillent d’arrache-pied pour trouver des solutions. Les questions auxquelles nous devons trouver une réponse concernent les comptes-rendus et les normes, des points soulevés au Sommet sur les carburants renouvelables (RFS). (Site en anglais seulement)

A : Parlez-vous des comptes-rendus des raffineurs de diesel?

J : Oui. Comment arriverons-nous à une composition de 2 % de biodiesel? Revenons un peu en arrière. Pour obtenir un carburant renouvelable (98 % de pétrole avec 2 % de biodiesel, le B2), le pétrole et le biodiesel sont mélangés. Qui se chargera de ce mélange? Où le mélange sera-t-il effectué? Dans combien d’installations? À Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick? À Burnaby, en Colombie-Britannique? Dans toutes les régions? Les raffineurs et les importateurs devront-ils produire une moyenne nationale de 2 % ou encore 2 % pour chaque litre? Certaines régions produiront peut-être du B5 alors que d’autres produiront du B0. Personne ne peut répondre à ces questions parce que les bases de la réglementation n’ont pas été établies. Y aura-t-il une période de transition suffisante pour que tous les raffineurs réussissent à compléter la production, le mélange et le transport?

A : Ça semble une énorme tâche.

J : Nous discutons des questions de réglementation à l’échelle fédérale. Des 32 milliards de litres de carburant (diesel, mazout) utilisés au pays, comment choisir qui va utiliser les 2 %, soit 640 millions de litres? C’est certainement une question très complexe qui demande réflexion pour les nombreux intervenants concernés.

A : La réglementation devrait être prête quand?

J : À la fin de 2009. Nous visons un contenu de 5 % d’éthanol en 2010. Comme vous le voyez, c’est tout un défi. Ce sera plus facile pour le contenu en biodiesel pour 2012, mais ça ne se fera pas en criant ciseau.

A : Un peu plus tôt, quand nous avons parlé des capacités de raffinage au Canada, vous avez mentionné la rareté des infrastructures de raffinage. Nous importons des produits raffinés alors que nous disposons d’immenses réserves de brut. Pourquoi les raffineurs ne construisent-ils pas de nouvelles installations?

J : Au Canada, les raffineurs veulent investir dans le raffinage de carburants diesels renouvelables, en particulier dans les régions densément peuplées. Mais je crois qu’ils vont attendre les réglementations avant de financer des projets. Ce qui nous ramène à la question de la distribution du mélange à 2 %.

A : Est-ce que ces questions empêchent le gouvernement fédéral de débloquer des fonds dans le cadre du programme écoÉNERGIE? (Site en anglais seulement)

J : Plusieurs projets n’attendent plus que la nouvelle réglementation. Et il ne faut pas oublier les normes de carburant à basse teneur en carbone. L’Ontario et la Colombie-Britannique ont emboîté le pas de cette réglementation. (Sites en anglais seulement)

A : Un biocarburant est un carburant à basse teneur en carbone.

J : Oui. Et cela nous ramène à la question du carbone. Une discussion s’impose à propos d’une taxe, d’un droit, d’un plafond ou d’une économie d’échange en ce qui concerne le contenu en carbone des produits et services.

A : Donc, si j’utilise du B5, je réduis mon empreinte carbone?

J : Comparativement à un carburant 100 % à base d’hydrocarbures (pétrole), oui. 

Pour lire la quatrième partie de cette entrevue, cliquez ici




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