Recyclage des résidus de déchiquetage d’automobiles (RDA)
Les voitures d’aujourd’hui ont évolué. Verre, plastique, tissus en mousse et caoutchouc… des matériaux qu’on n’utilisait pas autant dans le temps. Ce temps où on « flashait » à bord d’une Volkswagen 914 1975. Pour ceux qui ne se rappellent pas de quoi ça avait l’air et qui ont besoin d’un petit rafraîchissement, voici une photo.
Bon, je reviens aux matériaux. Pendant que je regardais justement cette photo, quelqu’un est arrivé et m’a dit un truc du genre : « Pour une petite auto, il y a quand même pas mal de métal là-dessus (le tableau de bord est en acier). Ça pèse combien? » L’auto a une petite empreinte environnementale et pèse environ 2000 livres ou 908 kilos ce qui ressemble au poids de toutes les voitures de ce cru qui sont faites de métal ferreux et non ferreux (lien en anglais seulement).
On a regardé par la fenêtre les autos stationnées dans la rue. Le contraste avec la vieille 914 qu’on voyait à l’écran était flagrant. La première chose qu’on a remarquée, c’est la quantité impressionnante de matériaux NON métalliques qui composent nos voitures modernes. Quand vient le temps de dire adieu à notre bagnole à la fin de sa vie, que deviennent tout ce verre, plastique, mousse, garnitures et gadgets électroniques?
Je suis allé fouiller sur YouTube et j’ai trouvé cette petite vidéo (vidéo en anglais) vraiment cool d’une voiture qui se fait complètement démolir en quelques secondes. Je suis allé fouiller un peu plus loin et je suis arrivé sur ce billet (en anglais) d’Autorecycler qui nous dit qu’au Canada, on écrase environ 700 000 voitures chaque année. Les résidus de déchiquetage de carcasses d’automobiles, qui représentent 25 % du volume d’un véhicule, sont ensuite envoyés dans les sites d’enfouissement. Si on fait le calcul, c’est l’équivalent de 175 000 autos qu’on enfouit dans notre sol canadien. Voilà qui donne beaucoup de bacs bleus!
Le problème, c’est qu’on continue encore et toujours d’ajouter de nouveaux matériaux non ferreux aux nouvelles voitures pour les rendre plus légères. Les résidus vont donc en augmentant, notre production de déchets et notre demande en matières premières aussi, et ce, dans chaque nation qui utilise l’automobile comme moyen de transport.
Bon, avant que vous ne commenciez à déprimer, je dois vous parler de nos amis européens. Ils ont trouvé une brillante solution. Il s’agit en fait d’un programme de gestion du cycle de vie du matériel qui entrera en vigueur en 2015. Volkswagen AG, en partenariat avec SiCon Corporation (site en anglais – ou en allemand, c’est au choix) a développé un processus d’autorécupération maintenant devenu un standard dans l’industrie européenne.
Grâce à ce processus, plus de 95 % des résidus de déchiquetage d’une automobile se transforment en produits recyclés et réutilisables. Ces produits ont une certaine valeur marchande, ce qui assure la viabilité du processus et garantit que les matières premières (comme le palladium des convertisseurs catalytiques) retournent aux manufacturiers (VW) pour réutilisation, créant un cycle efficace de gestion des matières brutes. La technologie, appelée « VW-SiCon Process » (toujours en anglais), combine intelligemment des étapes de traitement éprouvées.
On a jeté 1,7 million d’autos depuis 1999. Je me demande combien d’autres on va en envoyer aux sites d’enfouissement au cours des 10 prochaines années. Si on utilise le processus de recyclage de Volkswagen AG chez nous, on pourrait faire passer de 75 % à plus de 95 % le pourcentage de matériaux récupérés, ce qui fait 140 000 voitures de moins chaque année dans nos sites d’enfouissement.
Pour mieux comprendre les orientations de l’industrie canadienne en la matière, on pourrait peut-être demander à quelqu’un de l’Automotive Recyclers of Canada Association (site en anglais). Je vais leur envoyer un courriel.
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