Regard vers le futur : des voitures ultra-efficaces – Seconde partie : la voiture raisonnable

décembre 5, 2008 -- Filed under Technologie by Louis-Alain Richard

Sur Parlons TDI, nous tentons d’explorer les avenues qu’emprunte la mobilité responsable actuelle, que ce soient les nouveaux carburants, les véhicules à faible consommation ou encore les formes alternatives de transport individuel. Jusqu’à maintenant, j’ai surtout tenté de vulgariser ce qui se fait aujourd’hui en la matière, sans aborder le sujet fort intéressant de la voiture à très faible consommation qui ne manquera pas d’arriver dans un futur tout proche. Mais dans ce billet en trois parties, j’ai trois exemples de voitures ultra-efficaces à vous proposer.

Dans un précédent billet, nous avons découvert la voiture à deux places en tandem.

Dans le présent billet, je vous fais découvrir la voiture raisonnable, plus conventionnelle, mais dont la conception favorise l’efficacité énergétique en éliminant la traditionnelle réserve de puissance excédentaire, vorace en énergie.

Enfin bientôt, je vous parlerai de la sportive frugale.

Ces quelques exemples de frugalité automobile vous feront peut-être sourire, mais je crois que leur venue n’est qu’une question de temps. D’ici 10 ou 15 ans, grâce à la prise de conscience récente des consommateurs et des entreprises face aux problèmes environnementaux, on devrait voir plus de ces moyens de transport individuel à très faible consommation. Et vous, qu’en pensez-vous? Laquelle de ces « voitures du futur » trouverait grâce à vos yeux?

La voiture raisonnable

Une autre avenue intéressante pourrait être une voiture dont les performances sont limitées, une voiture qui ne peut dépasser les 120 km/h à fond par exemple, mais qui offre tout de même quatre places et de l’espace cargo. Cette approche a déjà été explorée maintes fois, les meilleurs exemples étant les voitures populaires européennes des années 1950 et 1960, et le meilleur exemple est la 2CV de Citroën. Il y a une anecdote intéressante à son sujet : lors de sa conception, un jeune designer proposa un dessin de carrosserie dont l’aérodynamisme très fin permettait au minuscule moteur d’atteindre de plus grandes vitesses. Le patron de Citroën refusa le dessin et demanda au designer de revoir sa copie avec un aérodynamisme moins soigné. Pourquoi? Parce que si on atteint de grandes vitesses, il faut alors de meilleurs freins, des pneus plus larges, une suspension plus solide pour soutenir ces pneus, de meilleurs essuie-glaces, une insonorisation plus poussée, etc. La voiture serait donc plus lourde et nécessiterait ainsi un plus gros moteur qui demanderait en retour une boîte de vitesses plus solide, ce qui en ferait encore augmenter le poids. C’est un cercle vicieux.

Donc, si un constructeur arrivait avec une voiture dont les performances étaient volontairement limitées, mais dans laquelle le degré de confort serait égal à celui d’une voiture normale, il y aurait d’immenses gains à faire en termes de poids et de complexité. J’ai déjà conduit ce genre de véhicule il y a quelques années : le constructeur français Renault venait de lancer la Modus, une voiture plus courte qu’une Golf, mais dont la hauteur rehaussée permet de transporter cinq personnes. Très légère, elle a un tout petit moteur de 1,2 litre à essence de 75 cv, mais offre la climatisation automatique, la sellerie cuir, les essuie-glaces à capteur de pluie, un gigantesque toit vitré, les phares à décharge, les sièges chauffants et toutes les aides à la conduite modernes, ABS, ESP, ASR. Sur la route, la Modus est capable de suivre le trafic facilement et peut atteindre les 130 km/h, la vitesse limite des autoroutes françaises.

Une telle voiture n’est futuriste qu’ici en Amérique du Nord. En fait, son arrivée chez nous ne sera envisageable que lorsque les acheteurs seront prêts à choisir l’efficacité et la compacité sans sacrifier le confort et le luxe. Vous, êtes-vous prêt à le faire?




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