Les origines du CAFE (Corporate Average Fuel Economy)

novembre 28, 2008 -- Filed under Mon impact by Andrew Macdonald

J’ai reçu hier de mon ami Mike cet article du Green Car Advisor qui traite des discussions du Sénat américain sur l’opportunité d’allouer des fonds d’aide pour que d’ici 2020, les normes sur l’efficacité énergétique des véhicules imposent une autonomie de 50 milles au gallon. Cinquante : comme dans cinq plus un zéro mi/gal, soit environ 5 L/100 km!

Le positionnement qui soutient les solutions proposées pour contrer les problèmes auxquels font face les trois grands de Détroit est intimement lié aux visées d’efficacité énergétique que s’est fixée la prochaine administration de la Maison-Blanche.

Toutes les nouvelles réglementations sur l’efficacité énergétique relèveront du CAFE, lequel sera de fait la mesure étalon des normes sur les émissions des véhicules. Les normes du CAFE examinent la consommation moyenne de carburant des véhicules de chaque fabricant, pondérée en fonction des ventes. L’approche équilibrée du CAFE a bien fonctionné puisqu’elle englobe les ventes de véhicules exigeant de plus gros moteurs, tels les camions de travail et les fourgonnettes.

Avec ce nouvel accent politique sur l’efficacité énergétique, cela peut être utile d’en savoir davantage sur le CAFE, d’autant plus que ces réglementations états-uniennes auront des répercussions sur les automobilistes canadiens.

À la fin des années 60, début des années 70, les préoccupations sur la pollution et la qualité de l’air se sont répandues partout aux États-Unis. Si bien qu’en 1970, l’EPA (Environmental Protection Agency) voyait le jour. Cette agence fédérale a pour mandat de réglementer de façon uniforme la qualité de l’air dans les 50 États. En 1975, l’Energy Policy and Conservation Act (loi américaine sur la politique énergétique) confia à l’EPA une autre tâche ardue : faire en sorte que les fabricants automobiles apposent sur leurs véhicules des étiquettes indiquant la consommation de carburant, les coûts annuels estimés en carburant ainsi qu’un registre comparatif de consommation de carburant pour des véhicules similaires. Ces cotes de consommation de carburant sont une des raisons d’être de l’EPA.

On pourrait penser qu’une agence fédérale aussi puissante, formée au début des années 70, devait avoir germé dans la tête d’un président environnementaliste, pour ne pas dire hippy. Eh bien non! L’EPA est née sous le règne de Richard Nixon, lequel répondait aux vœux de millions d’électeurs d’un océan à l’autre qui exigeaient que des actions soient prises pour améliorer la qualité de l’air. En 1975, à la suite de la crise du pétrole des pays arabes, le Congrès américain instaura les normes CAFE comme moyen d’améliorer l’économie de carburant et de réduire la dépendance des États-Unis face au pétrole importé.

Suivant l’adoption de la réglementation CAFE, l’industrie automobile fit passer la consommation de carburant de 13 mi/gal (18,09 L/100 km) à 22 mi/gal (10,69 L/100 km) en 1985, ce qui représente en 10 ans une amélioration de 70 %.

Les nouvelles revendications du CAFE exigent une amélioration de 40 % de l’efficacité énergétique d’ici 2020 pour que la moyenne actuelle de 23 mi/gal (10,23 L/100 km) atteigne 35 mi/gal (6,72 L/100 km). Il se peut toutefois que ces chiffres augmentent dans les semaines qui viennent. Aujourd’hui, avec les matériaux, la technologie et les exigences que l’on pose en vue d’une meilleure efficacité énergétique, je crois que l’industrie automobile dépassera ces normes bien avant 2020. À titre d’exemple, les moteurs diesel (après tout, vous êtes bien sur le blogue TDI!) représentent en quelque sorte une amélioration du jour au lendemain de l’ordre de 30 % en matière d’efficacité énergétique. La nouvelle Jetta TDI, par exemple, a largement dépassé les 50 mi/gal (5 L/100 km) lors de ce trajet inscrit au livre des records Guinness.

Pourquoi cet accent sur le marché états-unien et la réglementation CAFE? Disons pour résumer qu’aux États-Unis, l’EPA contrôle la qualité de l’air à l’échelle nationale. Avec le CAFE, l’EPA édicte des normes pour tous les États des États-Unis. Au Canada, il n’existe pas d’agence comme l’EPA. La responsabilité pour la qualité de l’air est du ressort de chaque province.

Étant donné que les trois fabricants automobiles ont considéré le marché nord-américain comme étant un marché unique, les Canadiens, par défaut, ont suivi les normes de l’EPA. Bref, cela fait plus de 30 ans que nous nous conformons aux normes sur l’efficacité énergétique et les émissions des véhicules mises de l’avant par l’EPA, et tout ça ne semble pas prêt de changer dans un proche avenir.

Autrement dit, il semble bien que nous buvions à la même tasse de CAFE que les Américains. ;-)




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