Mécanique diesel : le pour et le contre
Quand vient le temps de justifier le choix d’un moteur diesel, généralement plus cher à l’achat, l’argumentaire classique invoque de savants calculs quant à la distance annuelle parcourue et au coût de revient de ladite mécanique. Pas de ça ici, principalement parce qu’il n’y a pas de formule magique pour trouver le point de bascule exact où l’une des deux mécaniques prend le dessus sur l’autre.
Question finances
Si ce n’était qu’économique, on conduirait tous des microvoitures à minuscule moteur à essence; il y en a d’ailleurs quelques-unes sur le marché canadien en ce moment qui coûtent à peine la moitié du prix d’une intermédiaire. De plus, le surcoût du moteur diesel à l’achat est souvent récupéré en bonne partie à la revente, ce qui complique encore la donne quant au calcul du point de bascule cité plus haut. Et finalement, entre gens du monde, on ne discute pas de basses considérations matérielles, n’est-ce pas?
Question entretien
Alors, si ou oublie les notions d’argent, quels sont les autres avantages et inconvénients des moteurs diesels? Il y a bien sûr les arguments traditionnels, solidité et entretien simplifié, mais cela ne tient pratiquement plus. Les meilleurs moteurs à essence ont des calendriers d’entretien similaires à ceux des diesels, et je connais quelques voitures à moteur à essence qui approchent le demi-million de kilomètres toujours avec le même moteur. Match nul, donc.
Le pour
Selon moi, les arguments qui plaident en faveur du choix d’un moteur diesel sont tous regroupés autour de deux axes : agrément de conduite et empreinte écologique. Dans le premier cas, les moteurs diesels étant bien adaptés à la conduite urbaine grâce à leur couple important à très bas régime, ils favorisent la tranquillité et la conduite « relax ». Pourtant, quand vient le temps de rouler bien chargé ou de grimper une pente abrupte, les diesels font encore bonne figure, toujours grâce à leur couple important.
En ce qui concerne l’empreinte écologique, les diesels ont quelques arguments intéressants. On peut choisir une voiture de taille supérieure pour la même consommation de carburant. Lors de courts déplacements, les mécaniques diesels sont plus proches de leur cote de consommation officielle que les moteurs à essence, principalement parce que ces derniers roulent en mode enrichi une bonne partie de ces courts trajets. Il y a aussi le facteur « bonne conscience » : si quelqu’un choisit de rouler en grosse bagnole de luxe, il peut quand même montrer son côté responsable en choisissant le moteur ayant la plus faible émission de gaz à effet de serre, et c’est généralement un diesel. C’est du moins l’argument qu’on m’a servi en France pour expliquer pourquoi la grande majorité de berlines et des VUS de luxe sont mus par des diesels.
Le contre
Bon maintenant, il y a bien quelques inconvénients à ce type de mécanique. Tout d’abord, les diesels modernes sont allergiques au carburant de mauvaise qualité : pas question d’utiliser l’huile à chauffage ou les résidus de la restauration, c’est aller au-devant de graves dommages aux systèmes d’alimentation et de dépollution. Il y a aussi le fait que leur mise en température est plus longue que celle des moteurs à essence. Cela n’influe pas sur la consommation ou la durabilité, mais cela rend le siège chauffant fort intéressant! Il y aussi la non-pertinence d’une boîte automatique traditionnelle, puisque ce type de transmission annule en partie l’avantage en consommation et gomme un peu l’effet « turbo ». Mais cela vaut pour toutes les motorisations, essence ou diesel, à l’exception des boîtes de vitesses à passage direct (DSG) et des boîtes à variation continue (CVT), qui n’ont pas cet inconvénient parce qu’elles sont pratiquement aussi efficaces que les boites manuelles.
Parlons sport
Finalement, sur une note plus légère, le sport automobile se pose la même question que nous depuis quelques années à propos de la mécanique diesel. Pas en Formule 1, bien sûr, mais en Endurance, un type de compétition où les épreuves dépassent les 5000 kilomètres en une seule journée, comme aux 24 Heures du Mans. Les prodiesels (Audi et Peugeot) invoquent des raisons commerciales de similitudes entre la compétition et le marché automobile, le fameux « Win on Sunday, sell on Monday ». Ceux qui sont contre disent que ces voitures n’ont plus de sonorité sportive (pourtant, ce sont des moteurs à 12 cylindres dotés de turbos), que leur plus grande autonomie en piste et leur couple phénoménal risquent de provoquer des crevaisons, car les pneus sont très durement et longuement sollicités, que le sport auto ne peut accepter des « brûleurs à mazout », etc. Pourtant, depuis 2006, c’est le diesel qui a le dessus. Comme quoi, quand il s’agit de gagner une course, tous les moyens sont bons, y compris le diesel
Et vous, êtes-vous pour ou contre la venue de ces nouveaux diesels?
2 Commentaires









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18 octobre 2008 by Valmont
Assez convaincant. J’aime bien l’argument de l’empreinte écologique…ça fait citoyen responsable.
Je n’ai toujours pas une réponse sur la disponibilité du diesel propre au Québec? Quelle proportion des stations service en dispose?
Merci.