Calcul des émissions de carbone du puits à la roue

septembre 23, 2008 -- Filed under Le Diesel propre, Mon impact by Andrew Macdonald

Hier, un collègue m’a dit : « Présenter la théorie du rendement énergétique du puits à la roue (et parfois du puits au réservoir) équivaut à installer mon enfant de neuf ans dans une classe de mathématiques et à lui présenter le calcul infinitésimal. » En d’autres termes, nous devrions commencer par des calculs simples avant de nous lancer dans des considérations aussi complexes que détaillées à propos d’un calcul complet de l’empreinte carbone (site en anglais).

Commençons par les bases. À quoi font référence les médias populaires quand ils parlent du concept de « puits à la roue »?

Le puits, c’est le puits de pétrole. C’est bien ça : ce trou dans la terre où nous insérons des foreuses et des conduits depuis 100 ans afin d’en extraire le brut noir et gluant. Mais le terme « puits » peut prêter à confusion, parce que nous faisons en fait référence à toutes les formes d’énergie liquide, ainsi qu’à leurs sources. Par exemple, les biocarburants (site en anglais) ne sont pas issus d’une substance pompée dans le sous-sol, mais plutôt de déchets, d’algues et de céréales ou de graines oléagineuses. Le terme « puits » renvoie donc au point d’origine des matières biologiques.

Comme vous l’aurez deviné, la roue désigne la roue d’une automobile ou d’un camion.

On peut voir les choses ainsi : Quelle quantité de travail/d’énergie/d’efforts est nécessaire pour accéder à un certain type de matières biologiques, les transformer ou les raffiner, les transporter et les « installer » dans un véhicule afin d’en faire tourner les roues? On peut aussi aborder la question en s’intéressant à l’empreinte carbone, c’est-à-dire au carbone émis durant les activités nécessaires à la transformation des matières premières biologiques sous une forme utilisable (par exemple pour faire tourner les roues d’une machine – en l’occurrence, nos voitures).

Le récent film américain There Will be Blood, mettant en vedette Daniel Day-Lewis, raconte les premières années de la production de pétrole aux États-Unis. Le réalisateur nous montre la relative facilité avec laquelle les premiers pionniers ont réussi à trouver et extraire du pétrole. Si vous cliquez sur la bande-annonce du film et regardez la première minute et demie, vous verrez ce que je veux dire. Creusez un trou dans la terre et voilà que surgit ce qu’on appelle le « pétrole brut non corrosif », qui est le type de pétrole le plus léger et le mieux adapté au raffinage. L’histoire relatée dans le film est fidèle à ce qu’a été la production de pétrole pendant la première moitié du XXe siècle.

Aujourd’hui, on extrait le pétrole très loin en mer, sous la glace, dans des régions où les conditions météorologiques sont défavorables et à de grandes profondeurs sous la croûte terrestre; parfois, comme c’est le cas avec les sables bitumineux canadiens, on le prélève à même la croûte terrestre, pour le transformer ensuite en pétrole brut liquide.

Donc, selon vous, pour l’extraction et le raffinage de quel produit faut-il le plus d’énergie? Le pétrole brut non corrosif si facile à trouver dans les années 1920 ou le pétrole d’aujourd’hui? Et lequel des deux produirait le plus de carbone?

Quand on parle de biocarburants, la même question demeure : quelle quantité d’énergie faut-il pour les extraire et les raffiner? Par exemple, les chercheurs incluent dans le calcul la quantité d’engrais utilisée (de nombreux engrais sont à base de pétrole, et on a besoin d’énergie pour les produire) ou le nombre de machines utilisées pour la préparation du sol, l’ensemencement et la récolte.

Le rendement énergétique du puits à la roue devient un enjeu important pour les gouvernements du monde entier (la Californie et la Colombie-Britannique sont les principaux partisans de ce mode de calcul en Amérique du Nord), lorsqu’ils doivent élaborer leur politique énergétique. Il pourrait donc devenir un des éléments couramment évoqués lors des débats sur la durabilité et pris en compte par les consommateurs à la pompe.

Qu’en pensez-vous?




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